Le Cardinal Michael D. Browne, O.P.

Le cardinal Michael D. Browne, O.P. est une belle figure de théologien catholique, thomiste et antimoderniste, du XXe siècle. Durant le concile Vatican II, il s’opposa résolument aux novateurs et fut membre actif du Coetus Internationalis Patrum qui rassemblait les Pères conciliaires « conservateurs ». Cette page se veut l’ébauche d’une biographie et d’une bibliographie du cardinal Browne. Elle sera complétée et actualisée au fur et à mesure de l’avancée de nos recherches.
UN APPEL AUX LECTEURS: Nous faisons appel à toutes les bonnes volontés qui voudraient bien nous communiquer tous éléments permettant de compléter cette page, en particulier des références bibliographiques, et des articles ou ouvrages numérisés consacrés au cardinal Browne. D’avance nous les en remercions vivement.

 

Jeunesse et vocation

Michael D. Browne est né à Grangemockler, dans le comté de Tipperary en Irlande, le 6 mai 1887. Après des études au Rockwell College dans ce comté, il entra au Noviciat Dominicain à Tallaght, dans le comté de Dublin, en septembre 1903. Après avoir fait sa profession simple, le 14 septembre 1904, il commença ses études de philosophie et de théologie. Six années plus tard, le 21 mai 1910, il fut ordonné à Rome, où il avait été envoyé en 1908 pour compléter son cursus d’études. En 1911, le P. Browne obtient le grade de lecteur en théologie (Lector in Sacra Theologia), puis est envoyé à l’Université de Fribourg pour y poursuivre ses études. Il y demeure jusqu’en 1914, lorsque ses supérieurs le rappellent en Irlande pour lui confier le titre de professeur de philosophie et de Maître des Etudes à Tallaght.

Retour à Rome

Cinq années plus tard, en 1919, il revient à Rome, où il passera désormais la plus grande partie de sa vie, ne revenant en Irlande (où deux de ses frères sont également prêtres) qu’à l’occasion de plusieurs vacances d’été pour y prêcher des retraites. Il entre à la faculté de l’Angelicum. Il y enseignera la logique, la métaphysique, et l’histoire de la philosophie de 1919 à 1932, puis y donnera des cours de théologie de 1932 à 1951. Le Chapitre Général de l’Ordre dominicain de 1929 lui décerne le grade de Maître en théologie (Magister in Sacra Theologia). En 1925, il est nommé Prieur de Saint-Clément, qui est le prieuré et l’église des Dominicains irlandais à Rome. Professeur et Magister studiorum à l’Angelicum en 1930, il y devient Rector Magnificus en 1932, fonction qu’il détient jusqu’en 1941. De 1938 à 1942, il est également Prieur de l’Angelicum. Le 13 janvier 1951, le Pape Pie XII le désigne Maître du Sacré Palais (théologien du Pape), en tant que successeur du R.P. Mario Cordovani, O.P.

Magistri Generalis Ordinis Fratrum Praedicatorum

En avril 1955, le P. Browne fut désigné Maître Général de l’Ordo Fratrum Prædicatorum, lors du Chapitre Général de l’Ordre, réunissant à Rome 107 électeur des 35 provinces de l’Ordre dominicain. Il devenait alors le 80e successeur de saint Dominique, et le premier Maître Général provenant d’un pays anglophone. Il occupe cette charge jusqu’en mars 1962. Il est créé cardinal-diacre par Jean XXIII lors du consistoire secret du 19 mars 1962 (voir A.A.S., vol. LIV (1962), n. 4, pp. 193-201), et archevêque titulaire d’Idebesso en avril 1962. Il démissionne alors de sa fonction de Maître Général. A cette occasion, il adresse à ses frères dominicains un « testament » qui traduit sa préoccupation devant la montée des erreurs en philosophie et en théologie. Nous en avons retrouvé le texte anglais (traduit de l’original italien) :

TESTAMENT OF HIS EMINENCE,

MICHAEL CARDINAL BROWNE, O.P.

EX-MASTER GENERAL OF THE ORDER OF PREACHERS

Now that I have very recently resigned as Master General of the Order, since the Supreme Pontiff wishes me to devote myself more completely to the work of the Holy See, I wish to proffer a few words, as my testament to the brethren of the Order, whose Master General I have been and whose most devoted son I remain.

Many considerations worthy of mention come to mind, yet I shall elaborate on one which I believe to be of prime concern. Most of all, I strongly urge fidelity to St Thomas and his doctrine, which was always necessary, always the qowning glory of the Order, and which is now needed more than ever.

Perhaps someone may wish to know the reason behind this statement of mine. The answer I give is as follows: at the present, many false doctrines have ensnared the minds of men, and these doctrines offer themselves as false solutions to the vexing problems of our day. For this reason it is necessary to be faithful to the doctrine of the Angelic Doctor, so that the Order may fulfill its mission to the Church. Perhaps someone will say: St Thomas is not the only Doctor of the Church. There is no doubt about this statement There are many masters besides Aquinas, whose genius and brilliance is manifest in their contributions to the fields of Sacred Scripture, church history, the works of the Fathers, the histories of errors and heresies and so forth. But there is one thing in sacred theology in which St Thomas stands alone, and this occurs when with all the depth and perfection of his metaphysical attainments, he presents to us the understanding, as far as it may be given to the human mind, of the content of divine revelation and of the doctrine of the Church. The Christian mind seeks the understanding of the divine message given us through the Church, fides quaerens intellectum, and it is this need which the Angelic Doctor, among all the theologians, most perfectly satisfies.

Without any doubt, we must study every scientific contribution which bears on sacred theology. We must even study errors in faith, in the doctrine of morals, in social and political thought, in fact in every branch that bears on sacred science. But all must be studied in the light of the doctrine of St. Thomas. It is in this way that we will achieve holiness, maintain the noble tradition of the Order, be of assistance to the Church, and win many souls.

(Allocution de S.Em. le card. Browne devant les Provinciaux de l’Ordre et un groupe de Pères Dominicains, texte anglais dans Dominicana [revue des étudiants de la Province Dominicaine de Saint Joseph, éditée par la Maison des Etudes de l’Ordre à Washington, D.C., Etats-Unis], vol. 47, n°4 (hiver 1962); le texte latin de cette allocution figure dans les Analecta de l’Ordre, Vol. 35, avril-juin 1962, p. 485).

Le concile Vatican II

Le cardinal Browne est nommé membre de la Commission centrale préparatoire, et vice-président de la Commission doctrinale.

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Malade depuis de nombreuses années, le cardinal Browne s’éteint à Rome le 31 mars 1971.

Bibliographie (éléments de)

Articles

« Adnotationes veritatem cognitionis humanae respicientes », in Angelicum 4 (1927), pp. 476-490.

« De intellectu et voluntate in electione. Actus electionis sequitur iudicium practicum ultimum : at quod sit ultimum voluntas efficit », in Acta Pontificiae Academiae S. Thomae Aquinatis et Religionis Catholicae, vol. 2 (1935), pp. 32-45.

« Il metodo della teologia », in Sapienza, 7, 1954, pp. 5-16.

« Il Padre Garrigou-Lagrange, teologo domenicano », in Angelicum, n. 42, fasc. 1-2 (1965), pp. 32-37.

Interventions dans le cadre du concile Vatican II

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Textes sur le cardinal Browne

M. Rosaire Gagnebet, « Le Cardinal Michel Browne » [tiré à part de la revue Doctor Communis, n°1 (1972)], Città del Vaticano, Pontificia Accademia di S. Tommaso, 1972, 23 p.

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Biographie. Les élements biographiques qui précèdent proviennent des sources suivantes : « The Most Reverend Michael Browne, O.P., Eighty-First Master General« , in Dominicana, Vol. 40 (1955), n°2, pp. 114-116; Philippe J. Roy, « Browne, Michael », in Michael Quisinsky et Peter Walter (éd.), Personenlexikon zum Zweiten Vatikanischen Konzil, Herder, Fribourg-Bâle-Vienne, 2012, pp. 63-64.

Notae. Le cardinal Browne ne doit pas être confondu avec son homonyme, Mgr Michael J. Browne (1895-1980) évêque de Galway et Kilmacduagh (Irlande) de 1937 à 1976, et qui participa également au concile Vatican II.